mardi 10 septembre 2013

FURY ROAD : HIGHWAY TO DEVELOPMENT HELL


Alors que vient de resurgir la première photo officielle de Tom Hardy en Max Rockatansky, il est peut-être temps de refaire le point sur le development hell improbable qu’a connu et que connaît toujours Fury Road, le très attendu quatrième opus des aventures du plus célèbre anti-héros australien.
George Miller, le réalisateur de la trilogie initiale, l’avait dit en sortant du tournage de Mad Max : il n’y aura jamais de 2. Puis, après la sortie de Mad Max 2, l’équipe déclare qu’un troisième opus est plus qu’hypothétique. Alors bien sûr, après la sortie du 3, en 1985, et que l’affaire semble entendue qu’il n’y aura jamais d’autre Mad Max, tout le monde se demande quand Max reviendra sur les écrans…
Et puis le temps passe. George Miller est occupé à d’autres projets (des séries TV, la production de Calme Blanc…) et Mel Gibson, parti sur une autre franchise, déclare un peu partout : « J’ai définitivement mis la défroque de Mad Max dans ma penderie et je la laisse pourrir en paix » !
Les années filent sans aucune nouvelle du Wasteland mais, dix ans plus tard en 1995, Variety met le feu aux poudres et évoque le retour du Guerrier de la Route ! Un retour inattendu, sur petit écran, pour une série TV grand public qui rebooterait la trilogie ! Mel Gibson est hors du projet et on parle de Bruce Campbell, l’acteur d’Evil Dead, pour reprendre le rôle. Le vice-président de Warner, Scott Carlin, a à peine le temps de s’exciter sur toutes les possibilités du merchandising qu’en 1996 le projet est annulé. L’année suivante, Christopher Sequeira, un dessinateur de comics australien, raconte que la boite de production montée par George Miller et Byron Kennedy (décédé en 1983) va plancher sur un quatrième Mad Max directement après Babe, un cochon dans la ville. À la suite de cette nouvelle la première rumeur concernant l’histoire du film commence à se propager : un Max vieillissant, joué par Mel Gibson, tente de protéger un village d’une bande de tueurs et meurt au bout d’une demi-heure. Le reste du film raconte comment son fils, un jeune adolescent, vengerait sa mort. Cette rumeur sur la présence du fils de Max va se répandre et resurgir régulièrement jusqu’au début des années 2000… En 1998, Variety confirme le fait que Miller réalisera le film après la suite de Babe. En 1999, un nouveau pitch circule officieusement. Il est maintenant question d’une intrigue qui se déroule 200 ans après le troisième opus. On verrait les conséquences de la guerre qui a détruit le monde et qu’on aperçoit dans le second et troisième film. On découvrirait ainsi les descendants de l’humanité, complètement dégénérés par une exposition prolongée, années après années, aux radiations. Ces sauvages continueraient de hanter les routes pour traquer les derniers humains restés « purs ». Dans ce contexte, un nouveau Max (dont la nature nourrit à l’époque moult spéculations) serait chargé d’escorter un des derniers groupes d’humains purs et de les protéger des attaques des mutants. Le pitch, qui semble issu d’un rip off italien de Mad Max 2, consterne la communauté de fans qui le considère, peut-être un peu trop rapidement, comme fantaisiste !
Fin 1999, Mel Gibson qui souffle le chaud et le froid annonce que Max sera de retour et qu’il sait que Miller travaille depuis des années sur le film. L’année suivante, Miller déclare dans une interview que l’idée du film lui est venue alors qu’il traversait une rue aux environs de 1987. Quant aux détails, ils les imaginent, à demi inconscient, lors d’un voyage en avion.
En 2001, il se dit que Gibson ne serait en fait que producteur et que le rôle serait repris par Heath Ledger. Une collaboratrice de Miller explique à Encore Magazine que Miller est toujours en train d’écrire le scénario. Le dessinateur Brendan McCarthy, qui travaille avec Miller, déclare que le film sera la véritable suite de Mad Max 2 et que ça sera « sérieux, sauvage, sexy et surréaliste » ! Le 21 novembre 2001, Miller annonce qu’il a terminé le scénario et que le casting va débuter. La participation de Mel Gibson ne devrait pas dépasser celle d’un caméo, l’intrigue tournant autour de son fils, ce qui semble confirmer les rumeurs qui circulent sur la participation d’Heath Ledger pour ce rôle. Durant l’année 2002, Gibson va expliquer à plusieurs reprises qu’il a lu le script écrit par Miller et McCarthy et que le film devrait se faire, sans autre précision. Il est question d’une enveloppe de 25 millions de dollars pour lui sur un budget total de 104 millions de dollars. Variety annonce un début de tournage prévu pour mai 2003, en Namibie, dans le sud du continent africain.
Fin 2002, le nom de Robert Downey Jr est lâché : grâce à son copain Gibson, il devrait interpréter un bad guy du film et George Miller déclare à un magazine asiatique : « Le script est pratiquement terminé et nous espérons le tourner en début d’année. Oui, Mel est de retour et il mérite chaque centime de son cachet. Je veux dire, qui voudrait d’un Mad Max sans Mel ? J’aimerais également retrouver des visages des premiers films, comme Tina Turner, ou Emil Minty [le Feral Kid du 2, nda]… »
La préproduction semble se mettre doucement en place, des cascadeurs sont engagés et pour la première fois une date de sortie est annoncée : le 23 juillet 2004 ! En février, les menaces de guerre en Irak repoussent le tournage à l’automne. Le 19 mars, c’est le début des hostilités et dans les jours qui suivent, plus de 150 000 soldats de la coalition envahissent l’Irak. Le cours du dollar flambe, plombant de 20 % les possibilités financières de la production, les assurances s’affolent et le film est subitement repoussé à une date indéfinie. Après quelques mois de flottement, George Miller renonce au projet et se tourne vers une autre histoire, abandonnant le désert pour la banquise, laissant les maraudeurs pour une colonie de pingouins. En septembre, les bureaux de la prod en Namibie sont fermés. Mel Gibson explique l’année suivante qu’il ne fera pas un quatrième Max, que c’est désormais trop tard, plaisantant sur le fait qu’il ne voulait pas être appelé « Fat Max ».
Les années vont alors s’enchaîner faisant sombrer mois après mois l’espoir d’une renaissance du projet, malgré des annonces diverses, des notes d’intention farfelues ou des rumeurs éphémères. En octobre 2006, la page imdB du film disparaît et il se dit qu’en mars 2007, George Miller aurait déclaré à un journal australien que « Mel semble maintenant plus intéressé par la réalisation, la conduite en état d’ivresse, et finir le travail d’Hitler »…
Il faut attendre décembre 2008 pour voir le film réapparaître dans le planning prévisionnel de DrD Studios, la boite de création digitale de Miller. Le 5 mars 2009, Miller lâche une information qui secoue le milieu : Max serait bel et bien de retour, mais dans un film animé (en 3D et classé R) qui reprendrait une partie du script abandonné six ans plus tôt. Quelques jours plus tard, il tempère ses propos en n’excluant pas la possibilité d’un film live, qui pourrait se faire après Justice League, sur lequel il planche à l’époque, et après le second Happy Feet… Mais tout ça reste bien vague.
24 octobre 2009, Miller sur ABC News relance l’intérêt avec une interview consacrée au film et pour laquelle il a amené du concret : quelques véhicules, hérités de la préproduction précédente du film…
Miller explique que le film est énorme et compliqué à mettre en place à cause d’un nombre gigantesque de cascades, dont une bonne partie serait totalement inédite. Il révèle également que Mel Gibson laisserait sa place à Tom Hardy, qui affronterait Charlize Theron dans le rôle de Furiosa ! Hugh Keays-Byrne, le Toecutter du premier film, est également de l’aventure et le scénario du film a été en partie écrit par Nick Lathouris, un vieux copain de Miller (il a participé à son premier court métrage et joue le rôle du mécano martyrisé par Max dans le premier Mad Max). Pour terminer, la production de Fury Road est relocalisée à Broken Hill, dans le centre de l’Australie à l’endroit même où Mad Max 2 a été tourné. L’histoire de l’ « anime » devient alors floue : une partie seulement du film serait animée, ou alors le contexte du film serait développé dans des petits films annexes (à la Animatrix) et des jeux vidéo…
…On the Fury Road again !
Durant la première partie de l’année 2010, le casting va s’étoffer, notamment avec l’arrivée de Nicolas Hoult dans le rôle de Nux et l’annonce de la participation de WETA pour la fabrication des costumes, des accessoires et des maquillages. Le tournage, prévu pour septembre 2010 est repoussé à début 2011, à cause de pluies inattendues qui ont transformé le désert rouge en vastes prairies. « Malheureusement pour Mad Max, ce qui était un vaste Wasteland est maintenant devenu un magnifique jardin de fleurs ! » déclare Miller à la presse australienne, expliquant qu’ils veulent rester à Broken Hill, la petite ville minière étant un lieu de tournage idéal, offrant un gigantesque désert sans aucun arbre, tout en ayant à disposition les infrastructures nécessaires à une telle production. Délocaliser en Namibie, au Maroc ou au Chili serait, d’après lui, « une autre paire de manche. » En octobre 2010, on apprend que la production ne démarrera pas avant novembre 2011, pour un tournage prévu en février 2012. Deux mois plus tard, en décembre 2010, ABC rapporte que les pluies s’intensifient… En attendant une éclaircie, les premières photos des véhicules apparaissent, prises lors des répétitions des cascades.

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Alors que la prod est dans l’expectative, attendant une amélioration, en août 2011 Miller explique au Syndey Morning Herald que le désert est plus vert que jamais. Des plans étaient prévus au Lac Eyre, plus grand lac salé d’Australie et zone totalement désolée (qui avait déjà failli accueillir le tournage de Mad Max 2 avant que… hop hop hop c’est une autre histoire) mais qui est aujourd’hui une zone magnifique, égayée par la présence de milliers de pélicans rigolos. Il semble totalement impensable que le désert reprenne son aspect aride initial dans les prochains mois. Miller avance alors d’autres possibilités, le Maroc, la Chine, le Chili mais surtout resurgit la Namibie… Au grand dam du maire de Broken Hill qui voit s’échapper une manne financière immense et qui avait commencé des travaux pour accueillir la production (on parle de 500 personnes qui travailleront de prêt ou de loin sur le film). En novembre 2011, le Daily Telegraph fait l’étalage du désarroi des autorités australiennes et de George Souris, le ministre des Arts, qui ont fait tout ce qu’ils ont pu pour maintenir la production en Australie, rejoignant la consternation du maire de Broken Hill… L’article se conclut de manière ironique en indiquant qu’il pleut en Namibie, avec une intensité jamais vue depuis 120 ans !

EDIT Juillet 2014 : Il s'agit là de la version officielle. Mais lorsqu'on sait que le film nécessite un décor totalement privé de végétation, lorsqu'on voit certaines photos de tournage montrant un arbuste dissimulé par un rocher en polystyrène, il semble assez étonnant d'imaginer Miller tourner aux alentours de Broken Hill... La région, même lorsque le climat est sec, étant couvert d'arbustes en tous genres. Broken Hill était le lieu parfait pour préparer et répéter le film, offrant une infrastructure conséquente, que Miller connaissait déjà. Mais a t'il vraiment pensé filmer Fury Road à cet endroit. Plus le temps passe et plus on se pose la question...

 Alors que l’incertitude plane sur une production qui patauge, Miller déclare en décembre qu’une trilogie est prévue. Frustré par les décalages de la production, aurait-il eu le temps de pousser son projet plus loin ? Mad Max 5 : Furiosa, serait donc déjà scénarisé, et le pitch d’un Mad Max 6 serait en train d’être discuté. De quoi interpeller certains observateurs qui constatent que pour l’instant, après dix ans, le quatrième opus est toujours en stand-by !
Janvier 2012, les véhicules sont embarqués pour la Namibie et en mars les premières photos des véhicules sur le sol namibien arrivent. En avril, alors que les préparatifs battent leur plein, Miller subit une opération chirurgicale pour une valve cardiaque défectueuse… Il n’a pas beaucoup de temps pour se remettre : le tournage est prévu de juillet à décembre 2012. Au printemps, préparant leurs rôles, Tom Hardy est vu avec une imposante barbe et Charlize Theron avec le crâne rasé. Fin juin, tout s’accélère, le casting débarque en Namibie et début juillet, le 8 précisément, le tournage est lancé, à la satisfaction générale.
Mais alors que pleuvent par dizaines les photos de touristes qui croisent les véhicules dans le désert, se déchainent les rumeurs sur la nature de l’histoire. La présence d’une réplique de la Black Pursuit (détruite dans Mad Max 2) déchaîne les passions ! Theron déclare que le film ne sera ni un prequel, ni une sequel. Fury Road serait-il donc un remake du 2 !? Ou, pire, s’agirait-il d’un reboot ?! La presse s’interroge et sur les réseaux sociaux, les forums ou les commentaires d’articles, circulent toutes sortes de rumeurs et d’hypothèses. Il semble cependant que la réponse pourrait être plus simple qu’il n’y paraît et qu’il suffirait de se tourner vers le passé pour avoir un indice… En effet, à la suite de Mad Max 2, Byron Kennedy, le producteur des deux films, évoque Mad Max comme une franchise à la James Bond, où chaque film retracerait une aventure mythologique du personnage, relatée par un témoin différent. Le second est une légende narrée par le Feral Kid et le troisième est raconté par les enfants de la tribu…


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Ce qu’on sait c’est que Max protège cinq femmes qui traversent le désert et qui sont conduites à bord du "War Rig" par l’Imperator Furiosa… Réapparaît donc la vieille histoire des « sang purs » recherchés par des mutants dans un festival de conjonctures et d’hypothèses douteuses et fantaisistes… Resurgit alors le nom de Mel Gibson, qu’on soupçonne de venir faire un caméo dans le film sous le nom de « Drifter », même si ça n’a jamais été confirmé. En août, Miller parle du film, rendant le mystère encore plus opaque, même s’il corrobore la vision légendaire du récit : « Max Rockatansky est capturé par l’Impératrice Furiosa alors qu’il fuit le Wasteland en compagnie d’un groupe de réfugiés. Chronique de la Guerre de la Route qui s’en est suivie, Fury Road se basera sur les « Word Burgers » de l’Histoire des hommes et sur les témoignages des survivants. »
En octobre, les premiers soucis apparaissent. Le film aurait pratiquement une semaine de retard. La Warner envoie Jeff Robinov pour en évaluer les raisons. Un retard probablement imputable à la complexité du tournage et à quelques accidents (dont un qui a failli couter la vie d’un des cadreurs).
 

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Quelques semaines plus tard la Warner envoie Denis Di Novi pour superviser la fin du tournage. Le 14 novembre, les extérieurs sont terminés et la production déménage en Afrique du Sud, à Cape Town, pour un mois de shoot en intérieurs. Éclatent alors une série de crises et de scandales initiés en Namibie par le gouvernement, et relayés par les médias locaux qui accusent la production de saccager le désert et les parcs nationaux utilisés comme décors naturels. En mars 2013, ces accusations sont totalement rejetées par la Warner.
Pendant ce temps, quelques leaks rocambolesques pullulent (comme ce type qui trouve le scénario et le storyboard dans une poubelle, s’en vante sur Tweeter avant de tout effacer suite à des menaces de Warner…), mais toujours aucune nouvelle quant au pitch ou à une date de sortie…



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L’année 2013 se déroule, ponctuée d’interviews de techniciens qui parlent de manière plus ou moins laconique ou distante du film. Intéressant, le podcast de John Seale révèle quelques informations. Le choix de la Namibie a été motivé par le fait qu’aucune végétation ne devait être apparente, certains rochers en carton ayant été construits pour masquer quelques arbustes qui trainaient par là…
 
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Il explique ainsi que « la planète devait ressembler à une sorte de cauchemar post-apocalyptique, sans qu’on sache vraiment ce qui a rendu la planète dépourvue du moindre brin d’herbe !». Il ajoute ensuite qu’ils n’avaient pas grand-chose à faire de la continuité en termes de luminosité : « Jour, nuit, aube, poussière, l’idée c’était tournons quoiqu’il en soit »… Ils parlent également d’une post production énorme, « On a tourné, et la post prod et le mixage numérique vont être si énormes que presque tous les plans seront manipulés d’une manière ou d’une autre… » Le boulot qui reste est si conséquent qu’il fait comprendre que la sortie du film va encore se faire attendre.
Récemment, un tweet du 29 août dernier laisserait supposer que le film ne sortirait pas avant 2015, confirmant les rumeurs qui ont circulé tout l’été. Le lendemain, un autre tweet nous apprend qu’un casting va être relancé, indiquant que des reshoots seraient prévus.

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Deux jours après, le 2 septembre, un article sur le site IF annonce qu’à partir de fin novembre, la production va effectuer de nouvelles prises de vues. Il ne s’agirait donc pas de reshoots mais de terminer le tournage, a priori incomplet. Il se dit que le tournage s’était arrêté à la date prévue (Noël 2012) en laissant en plan ce qui n’avait pas pu être mis en boite…
Il y a quelques jours, la photo de Tom Hardy en Max réapparaît donc sur le site AICN. On connaissait déjà le cliché, c’était la photo d’une photo dédicacée mais la voilà dans une version scannée, même si la qualité reste pauvre… Une maigre consolation pour les fans qui attendent fébrilement les premières images officielles, un trailer ou simplement une date de sortie.

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